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Alimentation traditionnelle des chiens

N'oubliez pas le calcium

Magazine Pharmanimal N°37 - Mars/Avril 2012
De nombreux propriétaires de chiens préparent eux-mêmes les repas de leurs animaux plutôt que de leur donner des aliments industriels complets. Aucun mal à cela bien au contraire, à condition de ne jamais oublier de penser à équilibrer la partie minérale de la ration. Sinon, l’animal risque de payer le prix fort…

Donner du calcium à un chiot, tous (ou presque) les propriétaires y pensent. Ils ont même souvent la main un peu trop lourde, surtout quand il s’agit de chiots de grandes races nourris avec des croquettes spéciales, qui ne nécessitent justement aucune complémentation. En revanche, une fois la croissance finie, les rations ménagères ont souvent tendance à se limiter à la traditionnelle association « viande + riz + légumes » et on oublie que l’équilibre minéral de l’alimentation est également très important pour la santé de l’animal adulte.

Toujours plus de calcium que de phosphore

C’est une règle de base d’une alimentation bien équilibrée pour un chien : il faut que le rapport entre les quantités de calcium et de phosphore contenues dans l’aliment soit compris entre 1 et 2. S’il y a moins de calcium que de phosphore dans la ration, l’animal est en situation de déficit. Les troubles du squelette apparaissent généralement quand le rapport passe en dessous de 1/2. Croyant bien faire, certains propriétaires donnent essentiellement de la viande à leur chien. Mais ce type de régime quasi exclusivement carné est déséquilibré : le rapport calcium/phosphore de la viande de boeuf est en effet extrêmement faible : de l’ordre de 1/20, voire de 1/50 quand il s’agit d’abats comme le foie !

Carence en calcium : des conséquences parfois dramatiques…
Les vétérinaires voient de temps en temps arriver des chiens adultes qui ne veulent presque plus manger ni se déplacer, maigres, très faibles, avec des membres et des articulations déformés et des dents qui se déchaussent. A la radiographie, on voit que les os sont fragilisés parce qu’ils sont déminéralisés et des fractures spontanées sont parfois observées. De tels résultats sont quelquefois uniquement dus à un déséquilibre minéral de leur alimentation. Pour que les dégâts soient réparables, il faut que la correction du régime intervienne très vite.
Un déficit en calcium entraîne une déminéralisation des os

Dans l’organisme, la composition du sang doit rester constante. Si le rapport calcium/ phosphore tend à passer en dessous de 1, le calcium va alors être puisé dans les os qui constituent la réserve essentielle. Ce sont deux petites glandes qui encadrent la thyroïde (les glandes parathyroïdes) qui veillent à réguler le rapport calcium/ phosphore dans le sang. Si le régime alimentaire est déséquilibré, ces glandes travaillent plus intensément et augmentent de volume. Ces modifications sont visibles à la radiographie chez les chiens carencés depuis longtemps et on appelle cette maladie une « hyperparathyroïdie ».

Conséquence de l’hyperactivité des parathyroïdes, le squelette se déminéralise progressivement. Le tissu osseux est remplacé par du tissu fibreux beaucoup moins solide. La déminéralisation du squelette se produit en 6 à 12 semaines lorsqu’un chien reçoit un régime « tout viande ». Les symptômes sont évidemment plus sévères chez les chiots de grandes races à croissance rapide que chez les chiens adultes.

Ne jamais oublier les compléments minéraux et vitaminés

Pour qu’un chien nourri avec une ration « maison » reste en bonne santé, il est primordial de ne jamais oublier d’ajouter un complément minéral et vitaminé à ses repas journaliers.

Il existe de très nombreux types de compléments, adaptés aux besoins spécifiques des chiens en fonction de leur âge et de leur état de santé.


Mars 2014, 3038 lectures Chiens / Alimentation
Pascale Pibot pour Pharmanimal N°37 - Mars/Avril 2012