COMPORTEMENT

ANXIÉTÉ DE SÉPARATION

Votre chien supporte très mal que vous vous absentiez et les voisins se plaignent qu’il aboie, gémit ou hurle lorsqu’il est seul ? Vous n’osez plus sortir sans lui parce qu’il manifeste un comportement destructeur dans votre habitation dès que vous avez le dos tourné ? Il paraît régresser sur le plan de la propreté ? Peut-être est-il victime du syndrome d’anxiété de séparation, un comportement présent chez de nombreux chiens. Rassurez-vous, des solutions existent pour tenter de remédier à cette situation.
Chez un chien anxieux, les halètements augmentent pendant le temps où il reste seul.

Surtout, en constatant les dégâts éventuellement commis par votre chien en votre absence, n’imaginez pas « qu’il s’est vengé car vous l’avez laissé seul ». Ne pensez pas non plus « qu’il sait qu'il a mal fait » en le voyant prendre une attitude penaude. Ne soulagez pas votre colère sur lui à votre retour, vous ne feriez qu’aggraver son anxiété et l’encourager à recommencer lors de votre prochaine absence.

Que font les chiens anxieux quand ils sont seuls ?

L’anxiété de séparation est souvent méconnue des propriétaires. Filmer les chiens quand ils sont seuls apporte des informations très intéressantes. Une étude faite sur 23 chiens anxieux a montré que les aboiements commencent en moyenne après 3 minutes de solitude et les destructions après 7 minutes ! Durant la première heure où ils sont laissés seuls, les chiens passent en moyenne 23 % de leur temps à aboyer. Les chiens halètent pendant 14 % du temps et les destructions en occupent 6 %.

Si votre chien est véritablement anxieux, il ne se calme pas forcément si vous êtes à la maison. Il peut alterner entre des phases de prostration ou d’agitation excessive, vous harceler pour jouer, passer beaucoup de temps à inspecter toutes les pièces en flairant ou en léchant les objets… Bien souvent, son comportement anxieux ne cesse même pas la nuit si votre chien dort dans une autre pièce que vous !

Il exprime aussi fréquemment des troubles alimentaires ainsi que des perturbations de ses cycles de sommeil.

Attention aux rituels de départ et de retour

Bien des maîtres encouragent inconsciemment leur chien à développer une anxiété de séparation en établissant une relation d’attachement excessif avec lui. Au moment du sevrage, un chiot est prêt à se détacher de sa mère pour vivre de manière autonome. Mais quand il arrive chez son nouveau propriétaire, celui-ci a malheureusement tendance à tout faire pour répondre aux moindres sollicitations du chiot et à entretenir un climat fusionnel avec lui !

Se sentant coupable de laisser son chien seul, le propriétaire multiplie à tort les attentions avant de partir : il lui « explique » qu’il va bientôt rentrer, il le caresse… Un chiot sensible sentira immédiatement la nervosité de son propriétaire et la fera sienne.

La fréquence cardiaque du chien au retour du maître est plus élevée chez un animal resté seul 2 heures par rapport à celui qui n’a attendu que 30 mn. Plus il est seul longtemps, plus le stress est important.

Si en rentrant, son maître fait tout pour le « consoler » dès qu’il a ouvert la porte, tout est en place pour que le chien considère les absences de son maître comme des événements inquiétants, qu’il aura de plus en plus de mal à vivre sereinement. La « fête » très démonstrative que le chien fait à son maître quand il rentre ne fait en réalité qu’exprimer sa détresse d’être resté seul.

Si le maître accepte de changer son propre comportement, il est possible d’amener le chien à se détacher et à accepter plus facilement de rester seul.

L’attitude inappropriée du propriétaire peut donc faciliter l’apparition et entretenir la présence de troubles anxieux chez le chien. Rien n’est pourtant irréversible : si le maître accepte de changer son propre comportement, il est possible d’amener le chien à accepter plus facilement de rester seul. Le traitement s’appuie sur une thérapie comportementale et peut être facilité par l’administration de certains médicaments.

D’abord une thérapie comportementale

Face à un chien qui montre des signes d’anxiété de séparation, il faut tout faire pour lui faire comprendre qu’il ne réussira à vous intéresser à lui que s’il est calme. Les conseils généraux qui suivent sont donc toujours valables mais sachez quand même que, lorsque l’anxiété de séparation est installée chez un chien, il est très difficile d’en venir à bout sans l’aide d’un comportementaliste professionnel. Chaque cas mérite en effet un suivi spécifique.

A la maison

Essayez (même si c’est difficile !) d’ignorer votre chien quand il cherche à attirer votre attention en s’agitant. En revanche, dès qu’il est calme, félicitez et caressezle. Petit à petit, apprenez-lui à se détendre dans un endroit précis, pendant une durée que vous allongerez progressivement.

Au moment de partir sans votre chien

Environ une demi-heure avant de vous en aller, manifestez-vous en lui donnant un jouet ou une friandise. Puis cessez de vous occuper de lui jusqu’au moment du départ. Sortez sans le regarder ni lui parler, faites comme s’il n’existait pas et que vous alliez revenir dans quelques minutes.

A votre retour

Attendez que votre chien se calme avant de le caresser ou de lui parler. Dès qu’il cesse de sauter autour de vous ou de vous provoquer de toutes les façons, félicitez-le.

A l’extérieur

Votre chien a besoin de dépenser son énergie : profitez des promenades quotidiennes pour jouer avec lui et acceptez alors l’interaction puisque c’est vous qui la provoquez.

Des aliments aux vertus anxiolytiques
Les chiens restent seuls trop longtemps
Une enquête faite en Grande-Bretagne révèle que les Britanniques laissent leurs chiens seuls trop longtemps : 23 % sont laissés seuls plus de 5 heures par jour, ceci concernant 33 % des propriétaires âgés de 18 à 24 ans. Plus inquiétant encore, 16 % des personnes partant en vacances laissent leur chien seul pendant de longues périodes, demandant seulement à des amis de promener et nourrir l’animal. Ce type de pratique fait le lit de l’anxiété de séparation et des comportements de destruction.

La sérotonine est un neurotransmetteur qui a un rôle important pour réguler l’humeur. Un manque de sérotonine pourrait favoriser les états anxieux. Certains médicaments aident à réguler son taux dans le système nerveux mais il est aussi possible d’agir par le biais de l’alimentation. Un acide aminé, le tryptophane, est en effet un précurseur naturel de la sérotonine. Une étude visant à étudier l’effet d’une supplémentation en tryptophane a été effectuée chez 30 chiens durant 3,5 mois. Les observations montrent un effet positif du tryptophane pour réduire les aboiements et les stéréotypies (comportements répétitifs sans objet apparent). L’administration de protéines extraites du lait paraît aussi pouvoir influencer l’expression de l’anxiété. Les réponses individuelles sont cependant variables.

Un traitement médical de soutien

Malgré toute votre bonne volonté, vous allez sûrement trouver difficile de devoir contrôler en permanence les sollicitations excessives de votre chien. Sachez qu’il existe des médicaments qui aident à traiter l’anxiété de séparation chez le chien. Ils doivent évidemment être adaptés aux symptômes que votre chien exprime. Ces traitements au long cours ne vous dispenseront pas de rééduquer votre chien mais ils pourront vous faciliter la tâche.

Votre pharmacien peut vous conseiller

Février 2012, 4781 lectures Chiens / Comportement
Pascale Pibot pour Pharmanimal N°34 - Septembre/Octobre 2011

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