Lait maternisé et chiot

Alimentation et reproduction

Magazine Pharmanimal N°38 - Mai/Juin 2012
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Votre chienne va bientôt avoir des chiots : c’est un événement pour elle et pour vous ! Réfléchissez à ce que vous feriez si par hasard la chienne ne pouvait pas nourrir ses chiots. Il est parfaitement possible d’allaiter des chiots artificiellement !

Sauf problème grave à la naissance (accident survenu à la chienne, infection des mamelles…), l’alimentation des chiots nouveau-nés ne pose en général pas de problème puisque c’est la mère qui s’en charge. Il suffit de bien nourrir la mère pour qu'elle fournisse du lait en quantité suffisante à ses chiots. Sachez que pendant l’allaitement, la chienne va avoir besoin de manger 2 à 4 fois plus que d’habitude !

Pesez les chiots tous les jours

Procurez-vous un pèse-bébé et pesez les chiots tous les jours dès la naissance pendant les trois premières semaines au moins. Un chiot dont le poids stagne ou décroît pendant deux jours consécutifs doit impérativement recevoir un supplément de lait maternisé.

Observez également le comportement des chiots : il arrive que tous n’aient pas accès aux mamelles de la même façon. Un chiot qui a faim dort moins que les autres et pleure plus. Attention, s’il ne boit pas suffisamment, il va s’affaiblir rapidement, se déshydrater et tomber en hypothermie. N’attendez pas qu’il perde le réflexe de téter pour le nourrir !

Pas de lait de vache !

Le lait de vache ne correspond pas du tout aux besoins des chiots : il n’est pas assez riche en matières grasses et en protéines pour se substituer au lait de chienne. Il contient aussi deux fois trop de sucre (lactose) pour être toléré par l’intestin des chiots. Il déclencherait vite une diarrhée très grave chez des animaux aussi jeunes. La prudence conseille de disposer avant la naissance d’un lait maternisé en poudre, spécifiquement formulé pour les chiots.

Plusieurs situations peuvent obliger à allaiter artificiellement des chiots :
• lorsque la chienne n’a pas assez de lait ou que le nombre de chiots est trop important pour qu’ils soient tous allaités correctement : en 2011, un éleveur de chien polonais a eu la surprise de voir sa chienne dogue allemand faire naître par césarienne une portée de 17 chiots !
• lorsqu’un chiot est peu vigoureux et tête mal
• en cas d’infection des mamelles ou de maladie de la chienne
• lorsque les chiots sont orphelins et qu’il n’y a pas de mère adoptive disponible.

Lisez toujours soigneusement le mode d’emploi du lait avant de préparer le premier biberon. Un lait maternisé doit en principe être réhydraté juste avant la distribution avec de l’eau qui a été portée à ébullition avant usage. Ces règles d’hygiène sont primordiales pour éviter la contamination du lait par des germes ; les chiots n’ont pas encore assez d’anticorps pour se défendre, surtout si le colostrum leur a fait défaut à la naissance. Il est cependant possible de préparer le lait 48 heures à l’avance, si vous le gardez au réfrigérateur à une température d’environ 4 °C. Vous réchaufferez alors le lait juste au moment de la tétée : la température idéale de distribution se situe à 37-38 °C. Trop froid, le lait sera mal digéré, trop chaud vous risquez de brûler le chiot ! Testez toujours la température sur votre main avant de commencer.

Nettoyez et stérilisez à l’eau bouillante biberons et tétines entre chaque opération de nourrissage.

Un biberon toutes les 3 à 4 heures au début

Naturellement, les chiots nouveau-nés tètent leur mère jusqu’à 20 fois par jour ! Il n’est évidemment pas question de biberonner à ce rythme. Il ne faut d’ailleurs pas stresser les chiots en les réveillant trop souvent.
Des chiots de moins d’une semaine peuvent tolérer un intervalle de 3-4 heures entre chaque repas. De 7 biberons par jour la première semaine, on peut descendre à 6 durant la 2e semaine, 5 pendant la 3e puis enfin 4 pendant la 4e semaine. Il est alors temps de démarrer le sevrage.
Lisez bien les recommandations du fabricant du lait concernant le rationnement à respecter en fonction de la taille et de l’âge du chiot. En général, un chiot arrête de téter quand il a bu suffisamment mais il faut faire attention à ne pas aller trop vite et à ne pas lui faire avaler trop de lait en une seule fois. La « fausse route » est l’accident le plus à redouter lors d’alimentation artificielle.

A la fin de chaque tétée, massez la région ano-génitale avec un coton imbibé d’eau tiède afin de stimuler les réflexes d’élimination de la part du chiot, comme le ferait sa mère en le léchant. Surveillez bien la qualité des selles des chiots : une diarrhée peut être le signe d’une mauvaise digestion à cause d’une suralimentation ou d’une mauvaise préparation du lait.

Soulagez la chienne si nécessaire

Si votre chienne n’est pas trop grande, pesez-la aussi pendant la lactation. Normalement, sa production de lait augmente régulièrement pendant 3 à 4 semaines après la mise bas puis elle diminue progressivement. Un mois après la naissance des chiots, la chienne ne doit pas avoir perdu plus de 5 % du poids qu’elle présentait avant la gestation. Si votre chienne a tendance à maigrir trop malgré l’augmentation de sa ration, soulagez-la en proposant du lait maternisé aux chiots. Dès l’âge de 3 semaines, ils sont capables de le laper dans une assiette, vous n’aurez pas besoin de biberonner !

Conclusion

Si vous avez dû nourrir des chiots avec du lait maternisé, vous avez intérêt à commencer le sevrage le plus tôt possible : dès la 4e semaine, vous pouvez commencer à leur donner un peu d’aliment solide pour chiots mélangé à du lait maternisé. Un sevrage bien conduit prend plusieurs semaines : il s’étale en général jusqu’à 8 semaines.


Mars 2014 Chiens / Elevage / Reproduction
Pascale Pibot pour Pharmanimal N°38 - Mai/Juin 2012