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    Le « fly biting »

    Un trouble du comportement qui peut en cacher un autre ?

    Hallucination, syndrome dissociatif, épilepsie focale, « fly biting », « jaw snapping » (…), les appellations ne manquent pas pour décrire le comportement étrange de certains chiens qui cherchent à attraper des mouches inexistantes. Difficile de savoir ce qui se passe dans la tête du chien dont les yeux sont fixés dans le vide et qui se précipite en avant en faisant claquer ses mâchoires…

    Ce type de trouble est qualifié de « stéréotypie » quand il se répète régulièrement, de la même façon, sans raison apparente. Un tel comportement n’est pas sans rappeler les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) observés chez l’homme.

    Différents types de stéréotypies chez le chien

    Les stéréotypies du chien sont souvent classées en cinq catégories.

    • Les troubles ambulatoires ; le chien qui chasse sa queue (tournis) est l’exemple le plus fréquent.

    • Les troubles oraux : tels que la boulimie, l’ingestion exagérée d’eau (en dehors de toute raison médicale) ou le pica, quand le chien avale des objets non comestibles.

    • L’agression auto-dirigée ou automutilation ; ex : léchage exacerbé d’une région du corps.

    • Les vocalisations rituelles, telles que les hurlements.

    • Les hallucinations ; c’est dans cette dernière catégorie qu’on range le fly biting.

    En termes de fréquence, les comportements hallucinatoires viennent en 3e position, après l’automutilation et le tournis.

    Conditions d’apparition du « fly biting »

    Le début d’un trouble hallucinatoire se situe en général entre l’âge de 7 mois et 2,5 ans. L'apparition du comportement anormal peut être spontanée ou faire suite à un épisode de stress. Les stéréotypies sont en effet souvent associées à un état d’anxiété chez le chien. Certaines races canines sont prédisposées à développer des stéréotypies bien particulières. Le bull terrier est connu pour le tournis et le doberman pour sa tendance à se sucer les flancs. Quant à la chasse aux mouches imaginaires, elle est décrite chez le cavalier King Charles, le bouvier bernois, le berger allemand et le schnauzer nain. Ce type de comportement étant parfois identifié dans des lignées particulières de chiens, une composante héréditaire est fortement suspectée.

    Comment évaluer la gravité d’un tel comportement ?

    Lorsque ce comportement ne survient qu’occasionnellement, sans que cela perturbe les autres fonctions vitales (sommeil ou alimentation), il n’y a pas trop lieu de s’inquiéter. On peut essayer d’obtenir du chien qu’il cesse de « gober les mouches » en dérivant son attention : au moment où l’on devine qu’il va effectuer un acte compulsif, il faut essayer de le distraire et de lui donner un ordre incompatible avec le fly biting (« couché » par exemple). S’il obéit, récompensez le chaleureusement.

    Quand le phénomène a tendance à s’aggraver, il devient très difficile de distraire le chien de son obsession. Il arrive même que la personne qui essaie d’arrêter la stéréotypie soit agressée par le chien. A ce stade, le syndrome dissociatif entraîne une perte progressive des relations avec le monde réel au profit d'épisodes hallucinatoires de sévérité croissante. En médecine humaine, on parlerait de schizophrénie. Un trouble d’une telle gravité peut représenter un danger pour l’entourage et un traitement s’impose.

    Le « fly biting », conséquence d’une autre maladie ?

    Chez le cavalier King Charles, on suspecte que ce comportement est parfois un symptôme de syringomyélie, un trouble neurologique fréquent dans cette race.

    Il est absolument contre-indiqué d’essayer de « punir » un chien qui fait du fly biting d’une quelconque façon. Toute tentative de contention qui aboutit à augmenter le stress de l'animal est vouée à l’échec et ne peut qu’aggraver la situation.

    La syringomyélie est liée à une anomalie anatomique : la cavité crânienne du chien est trop étroite et le cervelet se déplace vers le bas, empêchant l’écoulement normal du liquide cérébrospinal. Les vibrations créées par les battements cardiaques entraînent la formation d’une cavité au sein de la moelle épinière. Cette lésion provoque des douleurs chez le chien, qui manifeste parfois des comportements analogues au fly biting.

    Chez un chien de la même race, le TOC est apparu lié à un problème d’intolérance alimentaire. Suite à ce cas, une équipe de chercheurs a cherché à évaluer si des troubles digestifs étaient souvent associés au fly biting. Les données obtenues sur 7 cas montrent que des anomalies digestives sont en effet souvent présentes chez ces chiens : infiltration inflammatoire de la paroi de l’estomac, retard à la vidange gastrique, reflux gastro-oesophagiens… Les 7 chiens ont été traités et suivis pendant 90 jours : le fly biting a disparu chez 5 chiens sur 6. Le dernier chien présentait une syringomyélie : il a répondu positivement à un traitement anti-douleur, mais sans que l’effet soit durable.

    Traitement du « fly biting »

    Suite à ces résultats publiés en 2012, il est donc conseillé d’explorer la fonction digestive des chiens présentant du fly biting et de rechercher une éventuelle syringomyélie, surtout s’il s’agit d’un cavalier King Charles.

    Lorsqu’aucune affection particulière n’est identifiée, la thérapie est d’abord d’ordre comportemental, en prenant conseil auprès d’un vétérinaire comportementaliste. Si la « rééducation » ne fonctionne pas et que le trouble est suffisamment grave pour justifier un traitement médical, divers médicaments peuvent être utilisés pour tenter de régulariser le comportement émotionnel du chien.

    L’intérêt du traitement devra être comparé aux effets secondaires indésirables à long terme.

    Le fly biting peut cacher autre chose qu’un simple trouble du comportement. N’hésitez pas à en parler avec votre vétérinaire.

    Mai 2014, 9539 lectures Chiens / Comportement
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