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Tumeurs cutanées chez le chien

Prédispositions raciales

La part des tumeurs cutanées dans l’ensemble des tumeurs malignes ne cesse d’augmenter : elles représentaient 1,9 % du total dans les années 1960 mais 3,6 % depuis le début des années 2000. Il existe cependant une inégalité des races face au risque de cancer en général et de tumeurs cutanées en particulier. Le boxer est connu pour être une race à risque mais il est loin d’être le seul.

En 2011 et 2012, de nombreuses publications vétérinaires ont été consacrées au risque de cancer en fonction des races canines. Les données qui suivent proviennent d’une étude américaine* remarquable car portant sur 26 000 cas de tumeurs cutanées, et d’une étude française axée sur la recherche des prédispositions génétiques lors de mélanome**.

Les tumeurs cutanées les plus fréquentes

Les différentes tumeurs cutanées sont classées selon leur fréquence. Leur nom dérive du type de cellules qui se mettent à proliférer anarchiquement. Une tumeur peut être bénigne ou maligne : dans le 2nd cas, elle risque de produire des métastases et de menacer la survie de l’animal. Quand une tumeur est maligne, on parle en général de « sarcome ».

• Les lipomes (27 % des cas) : tumeurs des cellules du tissu adipeux.

• Les adénomes (14 %) : tumeurs des glandes cutanées : glandes sébacées, glandes anales…

• Les mastocytomes (11 %) : tumeurs des mastocytes, des cellules du système immunitaire situées à proximité des vaisseaux sanguins. Contrairement à de nombreuses tumeurs cutanées, elles peuvent apparaître chez de jeunes chiens.

• Les papillomes (7 %) : tumeurs des cellules de l’épiderme.

• Les histiocytomes (5 %) : tumeurs des cellules cutanées chargées de présenter les antigènes au système immunitaire.

Les autres types histologiques représentent moins de 3 % des cas ; il peut s’agir :

• d’un lymphome cutané : tumeur des lymphocytes qui touche surtout les chiens âgés.

• d’un mélanome : une tumeur maligne particulièrement dangereuse : elle affecte les mélanocytes, les cellules qui synthétisent les pigments cutanés ou mélanines.

• d’un hémangiosarcome : tumeur de l’endothélium des vaisseaux sanguins : les chiens de 10 à 15 ans sont les plus souvent affectés.

• etc.

Des races à risque vis-à-vis de certaines tumeurs

• Le Boxer confirme son risque élevé de tumeurs cutanées : il vient au premier rang des races à risque pour le mastocytome (risque multiplié par 10,2 par rapport à la moyenne de la population étudiée) et l’hémangiosarcome (risque multiplié par 4,7). Il est également menacé par le mélanome (risque x 4,3) et le lymphome cutané (risque x 3,4).

• Le Rhodesian ridgeback, le Braque hongrois, le Boston terrier, le Braque de Weimar, le Shar-peï, le Bullmastiff et le Carlin sont également visés par le risque de mastocytome (x 5 à 3,3 selon les races).

• Le Dalmatien apparaît comme le chien le plus prédisposé au carcinome épidermoïde (risque x 6,9), qui figure parmi les tumeurs cutanées malignes les plus fréquentes chez le chien. Il s’agit d’une donnée nouvelle : jusqu’ici, le Schnauzer géant paraissait la race la plus à risque pour ce type de cancer alors que c’est le Basset hound qui apparaît en second sur la liste (risque x 4 pour le carcinome épidermoïde).

• Le Scottish terrier vient en premier pour les races touchées par les lymphomes cutanés (risque x 5,6).

Les analyses génétiques bénéficieront à l’élevage et la médecine vétérinaire, mais aussi à la médecine humaine. Bien des cancers cutanés canins ressemblent en effet aux cancers observés chez l’homme, comme par exemple les mélanomes. L’institut de Génétique et Développement de Rennes (IGDR, dépendant du Centre National de Recherche Scientifique ou CNRS) a créé une biobanque de données génétiques (Cani-DNA) pour mettre en évidence les homologies entre les mélanomes humains et canins.

• Le braque hongrois (Viszla) présente un très grand risque de mélanome (x 17,3), suivi par le Schnauzer nain (x 7,5) et le Retriever de la baie de Chesapeake (x 5,8). L’étude française met en évidence que la localisation des mélanomes varie avec les races ; ainsi, les caniches présentent un fort risque de développer un mélanome buccal alors que les schnauzers sont plus touchés par les mélanomes cutanés au niveau des doigts.

• Le Golden retriever est régulièrement présent dans la liste des races concernées par les tumeurs cutanées, avec un facteur de risque compris entre 2,3 et 2,9 pour l’hémangiosarcome, le lymphome cutané ainsi que d’autres tumeurs des tissus cutanés.

À la recherche de facteurs génétiques

Si des prédispositions raciales existent de manière certaine, les études rétrospectives au sein de certaines lignées montrent aussi qu’il existe une transmission de certains cancers de génération en génération. La forte consanguinité et l’utilisation préférentielle de quelques étalons en élevage facilitent la fixation de certains gènes facilitant le développement de tumeurs. La recherche s’attache aujourd’hui à identifier ces mutations génétiques.

En savoir plus :

*Villamil JA, Henry CJ, Bryan JN, et al. Identification of the most common cutaneous neoplasms in dogs and evaluation of breed and age distributions for selected neoplasms. J Am Vet Med Assoc 2011; 239: 960-965. **Shearin AL, Hedan B, Cadieu E, et al. The MTAPCDKN2A locus confers susceptibility to a naturally occurring canine cancer. Cancer Epidemiol Biomarkers Prev 2012; 21:1019-1027.
L'institut de Génétique de Rennes recherche toujours à enrichir sa base de données avec des prélèvements issus de chiens atteints de mélanomes ou de chiens âgés mais sains appartenant aux races étudiées en priorité (caniches, schnauzers, golden et Labrador retrievers, rottweiler). Pour participer à ces études, il suffit de se mettre en contact avec le personnel du laboratoire par l’intermédiaire de son vétérinaire (http://dog-genetics.genouest.org).

Mai 2014, 7822 lectures Chiens / Santé
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