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PRÉVENIR L’ÉCHINOCOCCOSE ALVÉOLAIRE

Bien vermifuger les chiens et les chats

Magazine Pharmanimal N°33 - Juillet/Août 2011
En France, c’est le renard qui reste le principal vecteur de la maladie humaine mais dans certains pays tels que l’Alaska et la Chine, les chiens semblent aussi jouer un rôle vecteur important car leur taux d’infestation par le parasite peut atteindre 12 %.
L’échinococcose alvéolaire est une maladie parasitaire rare chez l’homme (une quinzaine de cas sont recensés en moyenne chaque année) mais cette fréquence faible ne doit pas faire négliger les mesures de prévention. Cette maladie est en effet souvent mortelle sans traitement.

L’intestin du chien, du chat et des carnivores sauvages (ex : le renard) héberge parfois un petit ver de la famille des ténias, Echinococcus multilocularis.

Contrairement à la majorité des ténias, ce ver adulte est de petite taille (quelques mm de long) et n’affecte généralement pas beaucoup la santé de son hôte à quatre pattes.

En revanche, lorsque l’homme ingère accidentellement des oeufs de ce parasite, les larves se développent dans son foie et causent des lésions extrêmement graves. L’évolution est semblable à celle d’une tumeur maligne, avec possibilité de formation de métastases dans d’autres organes.

Le mauvais pronostic de cette maladie est dû à sa découverte souvent tardive. L’âge moyen au diagnostic est de 60 ans car les symptômes cliniques (douleurs abdominales, insuffisance hépatique) n’apparaissent qu’après 5 à 15 ans d’évolution à bas bruit, lorsque le foie est en grande partie envahi par le parasite.

Des sources de contamination végétales ou animales

Les oeufs d’échinocoques sont extrêmement résistants : une fois rejetés dans les selles des carnivores porteurs du ver adulte, ils peuvent rester plusieurs mois à l’air libre en gardant leur dangerosité. Attention aux fruits des bois (baies ramassées au sol), aux salades sauvages et aux légumes du potager qui ont pu être souillés par les déjections de renards ou d’animaux domestiques. Il faut absolument les passer sous l’eau avant de les consommer.

Les oeufs peuvent aussi être présents sur les poils des chiens ou des chats hébergeant le parasite : l’animal ressent des démangeaisons au niveau de l’anus, il se lèche et dissémine les oeufs dans son pelage. La personne qui caresse ensuite le chien ou le chat et qui porte ses doigts à sa bouche est ainsi exposée à un risque d’infestation.

Des études montrent que les principaux facteurs de risque vis-à-vis de l’échinococcose sont : une consommation de baies et/ou de végétaux sauvages, une activité professionnelle liée à l’agriculture, un contact avec un renard et la pratique de la chasse.

Le rôle du chat dans le cycle de l’échinococcose ne doit pas être négligé car trois éléments facilitent le passage du parasite du chat à l’homme :
• s’il en a la possibilité, le chat adore chasser et peut s’infester en consommant les petits rongeurs qui servent d’hôtes intermédiaires pour le développement des échinocoques.
• le chat passe beaucoup de temps à se toiletter
• il vit souvent dans une grande proximité avec ses propriétaires, ce qui augmente encore les chances de transmission des oeufs.

Prévalence plus importante à l’Est

C’est en Haute-Savoie, en 1890, qu’a été décrit le premier cas d’échinococcose alvéolaire chez l’homme. C’est également le premier département français où la forme adulte du parasite fut mise en évidence chez un renard roux. La zone d’endémie s’est progressivement élargie des régions de l’Est (depuis les Ardennes, le long des frontières belge, luxembourgeoise, allemande, et suisse, jusqu’à la Savoie) vers le Massif Central.

Entre 1982 et 2009, 60 % des cas d’échinococcose humaine recensés se situaient dans cinq départements : le Doubs, la Haute- Saône, le Jura, les Vosges et la Haute-Savoie. Le taux d’infestation des chiens peut avoisiner 5 % dans les zones où le parasite est le plus présent. Ailleurs en France, moins de 1 % des chats et des chiens seraient porteurs du ténia échinocoque.

Un chien ou un chat adulte doit être vermifugé 2 à 4 fois par an, selon son mode de vie. Les animaux ayant accès à l’extérieur et vivant à la campagne sont évidemment ceux qu’il faut traiter le plus souvent.
Les clés de la prévention :
hygiène et vermifugation

Des règles d’hygiène simple suffisent à limiter les risques.
• Portez des gants quand vous jardinez et lavez-vous les mains après avoir fini.
• Ne consommez pas directement les fruits et légumes ramassés près du sol : rincez-les bien avant, qu’ils proviennent d’une cueillette dans la nature ou d’un potager à la campagne.
• Une clôture autour du potager, interdisant l’accès aux renards, chiens et chats est une mesure de sécurité complémentaire.
• Si les oeufs d’échinocoques résistent bien au froid, ils sont en revanche détruits dès que la température est supérieure à 43 °C. La cuisson des aliments est donc très efficace pour éliminer le risque de contamination. Pour ne pas avoir à mettre des gants pour caresser son animal (!), il faut être sûr qu’il ne soit pas porteur du parasite. La seule solution consiste à le vermifuger régulièrement avec un produit actif contre le ténia échinocoque, ce qui n’est pas le cas de beaucoup de vermifuges.

Demandez conseil à votre pharmacien pour qu’il vous oriente vers la bonne molécule et respectez bien le mode d’emploi. Dans certains cas, il faut traiter deux jours de suite et recommencer l’opération dans la semaine suivant le premier traitement. Pendant les quelques jours suivant la vermifugation, il est recommandé de surveiller les animaux venant d’être vermifugés et de brûler leurs déjections. Cela évite la dissémination des oeufs dans l’environnement car le vermifuge n’est pas actif sur les oeufs présents dans l’intestin.

Votre pharmacien vous conseillera !

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Pascale Pibot pour Pharmanimal N°33 - Juillet/Août 2011